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Comprendre les autres : pourquoi avons-nous autant de mal à nous comprendre ?

Pourquoi est-il si difficile de comprendre les autres ?


Il suffit d’observer notre quotidien pour s’en rendre compte. Une conversation se termine dans un silence pesant. Un message paraît froid alors qu’il ne l’était peut-être pas. Une remarque blesse alors que son intention était bienveillante. Il nous arrive même d’avoir l’impression de parler la même langue sans réellement nous comprendre.


Ces situations sont si fréquentes que nous finissons presque par les considérer comme normales. Et pourtant, elles méritent une question : pourquoi est-il parfois si difficile de comprendre les autres, même lorsque personne ne souhaite faire de mal ?


Nous passons une grande partie de notre vie à communiquer, en famille, en couple, entre ami·es, avec nos collègues, nos clientes et clients ou avec des personnes rencontrées pour la première fois. Nous parlons, nous écrivons et nous échangeons constamment. Malgré cela, les malentendus continuent d’exister.


Comment naissent les malentendus ?


Ils peuvent naître d’un simple mot, d’un silence, d’un regard, d’un sourire qui n’arrive pas au bon moment ou d’un message auquel personne ne répond. À partir de cet instant, notre imagination prend souvent le relais. Nous essayons de deviner ce que l’autre pense, nous interprétons ses réactions et nous lui prêtons parfois des intentions qu’elle ou il n’avait pas.

Nous finissons alors par réagir, non pas à ce qui a réellement été dit, mais à ce que nous croyons avoir compris. C’est probablement là que commencent beaucoup d’incompréhensions.


Comprendre les autres ne dépend pas uniquement des mots


J’aime observer les échanges entre les personnes. Avec le temps, je me suis rendu compte que les mots ne représentent qu’une partie de la communication. Il y a aussi le regard, la posture, le rythme de la voix, la respiration, les émotions du moment, les expériences passées et les blessures qui n’ont peut-être jamais été exprimées. Tout cela participe à la conversation.


Deux personnes peuvent entendre exactement la même phrase et lui donner un sens totalement différent. Imagine, par exemple, que quelqu’un te réponde simplement :


« D’accord »


Sur le papier, ce mot semble avoir une signification claire. Prononcé avec un sourire, il peut être rassurant et exprimer une véritable compréhension. Dit rapidement, il peut paraître expéditif. Accompagné d’un soupir, il peut laisser penser à de l’agacement, de l’ennui ou de la frustration.


Le mot n’a pas changé. Ce qui change, c’est la manière dont il est exprimé et la manière dont la personne qui le reçoit l’interprète. Cette simple observation montre à quel point nous ne réagissons pas uniquement aux mots, mais aussi à tout ce qui les accompagne.


Il faut également tenir compte de notre état d’esprit. Une phrase entendue lors d’une journée agréable ne sera pas forcément reçue de la même manière lorsque nous sommes fatigué·es, préoccupé·es ou déjà fragilisé·es par une autre situation. La communication ne dépend donc jamais uniquement de ce qui est dit. Elle dépend aussi de ce que chaque personne est en mesure d’entendre à cet instant.


Chacun regarde le monde depuis sa propre fenêtre


Au fil de mes observations, une image revient souvent. J’imagine deux personnes qui regardent exactement le même paysage. L’une se trouve devant une fenêtre orientée vers le lever du soleil. L’autre observe ce même paysage depuis une fenêtre située un peu plus loin. Toutes les deux regardent le même monde, mais aucune ne voit exactement la même chose.


Dans nos relations, il se passe souvent la même chose. Nous regardons une situation à travers notre histoire, notre éducation, nos réussites, nos déceptions, nos peurs, nos valeurs et nos expériences. Autrement dit, nous observons le monde depuis notre propre fenêtre. Pendant ce temps, les autres font exactement la même chose.


C’est sans doute ce qui rend les relations humaines aussi fascinantes et parfois si compliquées. Nous sommes sincèrement convaincu·es que notre manière de voir les choses est logique. La personne en face de nous l’est tout autant. Les malentendus ne naissent donc pas nécessairement parce que l’une a raison et l’autre tort, mais parce que chacune croit observer une réalité identique alors qu’elle n’en perçoit qu’une partie.


Même lorsque nous regardons dans la même direction, nous ne voyons pas forcément les mêmes choses. Accepter cela ne signifie pas renoncer à nos convictions. Cela nous rappelle simplement que notre regard, aussi sincère soit-il, ne peut pas contenir à lui seul toute la réalité.


Pourquoi avons-nous autant de mal à nous comprendre ?
Les malentendus ne naissent pas nécessairement parce qu'une personne a raison et l’autre tort, mais parce que chacune croit observer une réalité identique alors qu’elle n’en perçoit qu’une partie.

Comprendre les autres commence par accepter leurs différences


Lorsque quelqu’un réagit d’une manière qui nous surprend ou nous agace, notre premier réflexe consiste souvent à répondre, à expliquer, à nous justifier ou à démontrer que nous avons correctement compris la situation.


Et si, pour une fois, nous faisions exactement l’inverse ? Et si nous commencions simplement par nous demander :


« Qu’est-ce que cette personne est peut-être en train de voir que moi, je ne vois pas ? »


Cette question ne nous oblige pas à être d’accord. Elle ne remet pas en cause notre point de vue et ne donne pas automatiquement raison à l’autre. Elle ouvre simplement un espace dans lequel la compréhension peut devenir plus importante que la réaction immédiate.


Il est également possible de poser une question très simple :


« Est-ce que je t’ai vexé·e ou est-ce que j’ai mal compris ta réaction ? »


Il ne s’agit pas de chercher une personne fautive, mais de vérifier si ce que nous avons imaginé correspond réellement à ce que l’autre a vécu.


Nous avons toutes et tous nos propres opinions. Plutôt que de considérer les regards différents comme une menace, nous pourrions aussi les voir comme une occasion d’élargir notre compréhension. C’est peut-être là que commencent les relations les plus apaisées.


Pourquoi cherchons-nous davantage à être compris qu’à comprendre ?


Il existe un phénomène que je trouve particulièrement intéressant. Nous passons énormément de temps à essayer d’être compris·es. Nous expliquons notre point de vue, nous justifions nos choix et nous souhaitons que l’autre voie la situation comme nous la voyons. Mais combien de temps consacrons-nous réellement à essayer de comprendre son regard ?


Chercher à être compris est naturel. Chercher à comprendre demande un effort supplémentaire. Cela exige d’accepter que notre manière de voir le monde n’est peut-être pas la seule possible et de mettre momentanément de côté notre besoin d’avoir raison.


Nous confondons parfois compréhension et approbation, comme si comprendre quelqu’un signifiait automatiquement partager son avis ou accepter son comportement. Pourtant, comprendre les autres ne signifie pas être d’accord avec eux. Cela consiste simplement à reconnaître qu’il existe une autre manière d’envisager une situation.


Nous n’avons pas besoin de penser toutes et tous de la même manière pour vivre ensemble. Nous avons surtout besoin d’accepter que chaque personne avance avec son histoire, ses expériences, ses fragilités, ses forces et sa propre manière d’observer le monde.


Si chacune et chacun attend d’être compris en premier, qui commence à écouter ?


Les nombres permettent-ils de mieux comprendre les autres ?


À ce stade, une question peut se poser :

quel rôle les nombres peuvent-ils jouer dans tout cela ?


À mes yeux, ils n’ont jamais pour mission de dire qui a raison ou qui a tort. Ils ne distribuent pas les bons et les mauvais points et ne prédisent pas les réactions humaines.


Les nombres rendent simplement plus visibles certaines différences qui existent déjà.


Certaines personnes ressentent avant d’agir, alors que d’autres ont besoin d’analyser longuement avant de prendre une décision. Certaines réfléchissent en parlant et trouvent leurs idées au cours de l’échange. D’autres ont besoin de silence et de recul pour comprendre ce qu’elles pensent vraiment. Certaines recherchent naturellement la stabilité, tandis que d’autres se sentent davantage vivantes lorsqu’elles explorent de nouvelles possibilités.


Les nombres ne créent pas ces différences. Ils offrent une grille de lecture qui permet de mieux les observer et, parfois, de mieux les comprendre.


C’est précisément ce qui m’intéresse dans la méthode Vita Ipsa. Elle ne cherche pas à enfermer les personnes dans des catégories ni à les définir par un nombre. Elle aide à observer différentes façons de fonctionner, de communiquer, de prendre une décision et de construire une relation.


Lorsque cette compréhension progresse, les tensions peuvent diminuer. Nous ressentons moins le besoin de juger, de nous vexer ou de convaincre à tout prix. Nous comprenons plus facilement que la réaction de l’autre n’est pas nécessairement dirigée contre nous. Elle peut simplement être l’expression d’un fonctionnement, d’un besoin ou d’un rythme différent du nôtre.


Se comprendre au travail : un défi souvent sous-estimé


Le monde professionnel n’échappe pas à cette réalité. Combien de personnes ont déjà eu le sentiment de ne pas être comprises dans leur travail ? Combien de responsables d’équipe ont parfois l’impression que leurs messages ne sont plus entendus, malgré la bonne volonté de chacune et chacun ?


Très souvent, le problème ne vient ni d’un manque de compétences ni d’un manque d’engagement. Il vient simplement du fait que nous ne fonctionnons pas toutes et tous de la même manière.


Certaines personnes ont besoin de recevoir des explications précises avant d’agir. D’autres préfèrent expérimenter et ajuster leur méthode en avançant. Certaines réfléchissent longuement avant de prendre une décision, tandis que d’autres ont besoin d’échanger pour clarifier leurs idées. Certaines apprécient un cadre bien défini, alors que d’autres ont besoin d’autonomie et de liberté pour donner le meilleur d’elles-mêmes.


Lorsque ces différences ne sont pas reconnues, les malentendus s’installent peu à peu. Les tensions augmentent, la confiance diminue et chaque personne finit par croire que l’autre ne fait plus d’efforts. Une collaboratrice ou un collaborateur peut se sentir ignoré·e, rabaissé·e ou oppressé·e, tandis qu’une responsable ou un responsable peut avoir le sentiment que ses attentes ne sont jamais comprises.


Pourtant, améliorer la compréhension entre collègues ne commence pas forcément par davantage de procédures, de contrôles ou de réunions. Cela commence souvent par une meilleure connaissance des personnes avec lesquelles nous travaillons.


Apprendre à mieux connaître les profils, les modes de fonctionnement, les capacités et les besoins de chacune et chacun peut transformer la manière de communiquer, de collaborer et de résoudre les désaccords. Pour faciliter la compréhension entre collègues, il faut donc commencer par apprendre à mieux se connaître.


Comment apprendre à connaître les personnes qui composent une équipe ?


Pour une direction, soutenir son personnel ne consiste pas uniquement à fixer des objectifs ou à évaluer les résultats. C’est également créer les conditions permettant à chaque personne d’être comprise, reconnue et de trouver une place correspondant à ses qualités. Il existe peu d’investissements plus utiles que celui qui consiste à mieux connaître les personnes qui composent une équipe.


C’est ce que propose Vita Ipsa aux entreprises. À travers les nombres, elle apporte une grille de lecture des profils de personnalité, des comportements et des dynamiques relationnelles. Elle peut aider à mieux comprendre une personne, à analyser la complémentarité des profils au sein d’une équipe et à identifier certaines sources d’incompréhension avant qu’elles ne deviennent des conflits.


L’objectif n’est pas de déterminer qui a raison ou de classer les membres d’une équipe. Il est de rendre plus visibles leurs différentes manières de communiquer, de décider, de collaborer et de réagir face aux responsabilités ou aux changements.


Car, avant de bien travailler ensemble, il faut souvent commencer par mieux se comprendre.


Comprendre les autres ne signifie pas renoncer à soi-même


Chercher à comprendre ne signifie pas tout accepter. Certaines paroles, certains comportements ou certaines situations doivent être refusés, et comprendre leur origine ne les rend pas automatiquement légitimes.

La compréhension ne remplace ni les limites, ni les responsabilités, ni le respect de soi. Elle permet simplement de choisir une réponse plus juste, au lieu de réagir uniquement sous l’effet de la colère, de la peur ou de l’interprétation.

Il est possible de comprendre pourquoi une personne agit d’une certaine manière tout en lui demandant de changer son comportement. Il est possible d’entendre une explication sans excuser ce qui nous a blessé·es. Il est également possible de respecter un point de vue différent sans renoncer au nôtre.

Comprendre les autres ne nous affaiblit pas. Cela nous aide à agir avec davantage de lucidité.


Comprendre les autres pour mieux respecter le vivant


Nous cherchons toutes et tous à être compris·es. Pourtant, la qualité de nos relations dépend également de notre capacité à offrir aux autres cette compréhension que nous attendons pour nous-mêmes.


La prochaine fois qu’une parole, un silence ou une réaction te surprend, tu peux prendre quelques secondes avant de répondre. Non pour te taire ou nier ce que tu ressens, mais pour vérifier si ton interprétation correspond réellement à l’intention de la personne en face de toi.


Tu peux aussi te poser une question simple :


« Est-ce que je cherche actuellement à comprendre cette personne ou seulement à lui faire comprendre mon point de vue ? »


Nous ne parviendrons jamais à tout comprendre des autres. Certaines différences resteront difficiles à accepter et certains désaccords ne disparaîtront pas. Mais comprendre n’a jamais empêché de penser différemment. Au contraire, c’est souvent ce qui nous permet de continuer à avancer ensemble.


Car avant de respecter quelqu’un, il faut commencer par essayer de le comprendre.


Consultant, numérologue Vita Ipsa


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